Et que l’Enfer devienne Paradis

Si une colonie devrait être, dans l’idéal, une réplique de la métropole, elle est souvent, dans les faits, son image inversée. Tel principe en métropole, son contraire au delà des mers. La verroterie contre l’or des indigènes, c’est encore trop gentil pour être vrai : y saisir le meilleur pour y fourguer le pire, tel est le troc historique avec les colonies.

(Em)pire qu’un dépotoir

De tout temps, la métropole s’y débarrasse royalement de ses derniers citoyens. C’est ainsi que l’âme damnée du Régent fait rafler les prostituées de Paris pour véroler conjugalement la Nouvelle-Orléans ; qu’une Tsarine abolitionniste envoie par oukase tous les condamnés gratter le sol sous la neige ; qu’une certaine République envoie ses réprouvés féconder le sable sous le soleil, ou casser des cailloux sous la pluie.

Outre ceux qui ne filent pas droit, on s’efforce d’envoyer au fin fond de l’Empire ceux qui prient de travers.  Si les rois de France qui s’y refusèrent toujours, l’Amérique était bien conçue par les rois d’Angleterre comme un dépotoir religieux. Tout ce qui n’était pas anglican y finissait : catholiques, presbytériens, quakers, baptistes, etc.  Souvent de bon gré, si l’on veut  : la vie catholique, crucifiée en Angleterre, était autorisée à ressusciter en Amérique. Mais parfois, c’était bien de force : la Barbade fut le bagne des Presbytériens après la restauration des Stuart.

L’Australie n’est rien d’autre, à l’origine, qu’un bagne pour Irlandais récalcitrants. Et cela dépasse le simple papist-bashing : c’est bien plutôt un pugilat entre Saxons blonds « qui s’y croient » encore et Celtes roux qui ne l’entendent toujours pas ainsi …  Comme qui dirait un truc racial …

Last but not least, des études récentes, plus ou moins divergentes, plus ou moins étayées par l’archéologie, donnent à penser que la Judée ne fut rien d’autre, à l’origine, qu’une zone de déportation pour ces monothéistes rescapés de l’expérience inouïe, sublime pour le Monde et catastrophique pour l’Egypte, du règne d’Akhenaton.

Et voilà le miracle ! Que le rejet, individuel pour cause de comportement, ou collectif « pour cause de race ou de religion », d’une partie de l’Humanité par une autre, puisse être une Chance de faire autre Chose, ailleurs, dans l’Humanité. 

Guyane et Fatalité

Pour la Guyane, la méchante fée l’a bien carabossée au berceau. Si cette Terre avait eu un grand potentiel, la Grande-Bretagne ne l’aurait pas laissée à la France. Toutes les bonnes colonies ou presque, celles de l’empire français originel où flottaient les lys d’or sur champ d’argent, ont été raflées par le Royaume-uni. L’ersatz d’empire, où flotte le drapeau des sans-culottes et de leur César, fut fait du second choix. Dans ce cadre fatal, la Guyane est bien, initialement, un dépotoir au carré : une colonie dont aucune puissance raisonnable ne veut, et où la France envoie quasi exclusivement, et de force, ceux dont elle ne veut pas.

Mais la République, qui n’a pas besoin de savant, qui a parfois besoin de bagne, a toujours besoin de gloire. Dans sa malchance, la Guyane a eu droit à servir de rampe de lancement pour les fusées européennes. A l’inverse, certains îlots du pacifique, où les jolis poissons remplacent les vilains moustiques, ont fini irradiés par les glorieuses bombinettes de De Gaulle, qui ne pouvait pas « bullshiter » éternellement le Monde avec des tirades cornéliennes. Le mirage radiophonique de Londres devint réalité radioactive à Mururoa ! La France aurait tout perdu, fors l’Honneur antique et l’Horreur atomique ! C’était déjà ça.

L’élan patriotique me fait perdre le fil : qu’est-ce que l’Humanité pourrait bien faire de la Guyane et en Guyane, à part s’y multiplier à coup d’allocations familiales et y lancer des fusées en guise d’ultime éjaculation nationale ?

Guyane et Indépendance

Première bonne nouvelle : contrairement aux autres DOM-TOM de peuplement extra-européen, prêts à craquer et aux ressources très limitées, la Guyane est quasiment vide d’habitants, qui se concentrent sur la côte : 240 000 habitants au total pour une surface double de l’Aquitaine, qui en compte 3 millions 2. Et il y a bien, finalement, des choses à développer, au delà de l’or à tamiser : cette Terre n’est pas un désert ou une banquise, mais une forêt, voire la forêt par excellence, celle d’Amazonie, où l’eau coule partout en puissance, outre celle qui tombe du Ciel en sur-abondance.

Il s’agit donc de trouver quoi y faire pour rendre vivable son indépendance. Quelques pistes : viser l’autosuffisance alimentaire réelle comme base économique ; réserver tout nouveau développement urbain à l’intérieur ; construire un réseau ferré (il n’y en a aucun !), « lourd » (TGV) entre la vingtaine des pays guyanais et « léger » dans chacun.

..Il s’agit ainsi de faire la Guyane un petit Brésil, qui, pas plus que le grand n’a besoin du Portugal, n’aurait besoin de la France pour vivre. De manière éminente, la capitale serait déplacée à Saül, et cette « Brasilia » de la Guyane indépendante serait reliée prioritairement à la côte par une première ligne TGV atteignant Cayenne, distante de 180 km, en ½ heure. Chaque ville intérieure à développer (Saül, Maripasoula, Camopi, etc.) devrait viser sa propre indépendance alimentaire sur son pays environnant. Que de tels grands travaux fondateurs, que seule la puissance publique peut et doit assumer, soient préférables à l’entretien de 20% de chômeurs dont 40% de jeunes, nul n’en disconviendra, je pense, au pays d’Olivier Besancenot et de Frédéric Bastiat …

Pour garantir cette indépendance économique, l’indépendance politique de la Guyane devrait être graduelle, comme celle des autres DOM-TOM d’ailleurs. Ces entités devraient être gouvernées, pendant une période temporaire, par les deux parties, de manière dissymétrique : soit un protectorat de la France sur ces futurs Etats, comme autrefois mais en plus intelligent. Leurs citoyennetés propres serait créées dès le départ – entre autres,  pour stopper légalement les flux vers la France – , mais ils ne se gouverneraient seuls qu’après rendue viable leur indépendance. En fin de processus, il ne resterait que des accords militaires entre la France et ses Etats, et des accords commerciaux préférentiels (un French Commonwealth ! ).

 Guyane et Asile

L’asile politique est une chose sérieuse entièrement dévoyée aujourd’hui. 99% des demandeurs sortent des conditions – menaces contre la vie – et pénètrent quand même les frontières de l’Europe pour s’y incruster. A l’inverse, il est probable que certains, qui suivent à la lettre les procédures et sont de bonne foi, n’obtiennent pas l’Asile

Qu’ils soient de bonne ou mauvaise foi , la menace ethnique est telle que la France ne plus se permettre d’accueillir les demandeurs d’asile en métropole. Pendant une période indéfinie, il serait judicieux que tout demandeur soit accueilli exclusivement en Guyane, et assigné à résidence avec permission de sortie pour les seuls graves motifs familiaux.

Nous n’insisterons pas sur le fait que l’asile doit cesser en même temps que les conditions qui le justifiaient dans la patrie du réfugié. La nature même de l’asile est le projet de retourner dans sa patrie … Sinon, ce n’est pas de l’asile, mais de l’immigration.

Jusqu’à l’indépendance de la Guyane, il faudrait procéder ainsi, voire après, par un traité qui nous lierait encore en ce sens avec elle. Ce serait la seconde bonne nouvelle pour l’Humanité, que cette terre qui fut son bagne en soit finalement le refuge.

Guyane et Rétromigration

Comme je ne suis pas foncièrement méchant, mais seulement en colère contre l’Afrance qui vient au galop, je déconseillerais gentiment, dans mes moments paisibles, au fils d’une Malienne et d’un Algérien de retourner vivre au Mali ou en Algérie. Inutile d’insister sur la raison. Plus généralement, dans le cadre de la rétromigration contractuelle que nous promouvons, certains extra-européens ne retrouveront pas en Afrique une contrée susceptible de leur offrir la paix.

La Guyane pourrait être un tel « néo-Libéria« , sauf que des gens du monde entier y seraient cette fois acceuillis, dont les racines seraient trop multiples ou la situation personnelle trop confuse pour envisager une rétromigration au sens strict : le retour au pays des ancêtres, ou pas loin. Toutefois, l’installation volontaire en Guyane de ces ex-citoyens français, serait, pour le reste, financée comme une rétromigration standard.

On objectera à cela : ne fais pas aux autres, etc. Pour libérer la France de sa fatalité démographique, tu inscris au front de la Guyane son destin de dépotoir ethnique. Cette objection, on l’écartera ainsi : la Guyane n’est que la création toujours continuée de la France, jamais finie d’être fécondée après trois siècles de méiose, et sans son aide, la plupart de ses habitants, à part les Indiens, y tomberaient comme des mouches. Donc, ou bien sa Terre s’ouvre au destin humain honorable que lui offre finalement la France, ou bien la France lui fait le sale coup de la pilule du lendemain avec 300 ans de retard : Treat or Trick, donc. En outre, il est évident que les 15 millions d’allogènes qui occupent la France ne vont pas s’y précipiter, que la Guyane indépendante pourra, pour le reste, protéger ses frontières avec l’aide promise de la France au début, et que les Créoles, qui n’ont aucun titre à s’y prendre pour la tribu unique, en resteront la tribu centrale, la tribu absorbant ou pénétrant les autres, la tribu royale. Et, pour parler franc, ce n’est pas rien.

Telle était la troisième bonne nouvelle : que la Guyane concoure marginalement à sauver la France de l’anéantissement programmé de sa propre Humanité. 

Ma conclusion aurait pu s’intituler, pour marteler l’anaphore et titiller la rime, Guyane et franc-maçon : mais je vous éviterais cet affront là. L’occasion s’y prêtait bien, pourtant : pourquoi l’illuminée que l’on sait, au lieu de s’acharner sur les fondements civilisationnels de l’Humanité, ne prendrait-elle pas à son compte ce grand projet, de faire du lieu ou elle est née, autre chose qu’un dépotoir de cette même Humanité ? Christiane, qu’as tu fait de ton baptême initiation ? Te souviens-tu, citoyenne, que tu fus ci-devant indépendantiste ?

Coat of arms of French Guiana drawn by Jérôme ...

Pour l’avenir, je vous vois bien, Maîtresse Taubira, Poétesse Ti-ponch, Emperesse créole, monter souverainement à la tribune pour proclamer : And so, my fellow citizens, ask not what la France can do for la Guyane , ask what la Guyane can do for herself. Car de ce lieu qui fut un bagne, je ferais, avec vous, une aubaine pour l’Humanité ; l’enfer sur Terre deviendra paradis terrestre, et l’infâme dépotoir, sublime melting-pot. Telle est la Promesse que j’adresse, sous les auspices de l’Etre suprême, au Monde entier ; et c’est pourquoi, en ce jour et en ce lieu, parmi vous et avec vous, en tant que femme libre, je suis fière de dire : ich bin ein’ Guyannaise !

Impossible ? Il va bien falloir pourtant, avec celle-là ou avec d’autres, voire contre elle et la conjuration métis-socialiste, s’y mettre … A y regarder de plus près, réflexion faite, tout bien considéré, toutes choses égales par ailleurs, refaire demain une Guyane saine parait moins impossible que de défaire jamais la Sainte Russie

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