Rapatriés de Bohème et d’ailleurs


La rétromigration des Sudètes en Allemagne et Autriche en 45, et celle des Pieds-noirs en France en 62, ont des traits communs qui les distinguent nettement du retour des Juifs en Israël : une expulsion en violation du Droit international qui n’est pas très recommandable, suivie d’une réintégration dans des Etats déjà existants, qui, quant à elle, fut plutôt réussie et pourrait nous servir de leçon.

 Un viol du Droit international accepté par le Monde

Les juifs ne sont pas partis sous une menace explicite, tandis qu’elle était claire pour les pieds noirs – « la valise ou le cercueil » – et qu’il bien y a eu des voies de faits massives contre les Sudètes. Les juifs survivants ressentirent la shoah comme menace éventuelle pour l’avenir, et la volonté de quitter cette Europe mortifère était naturelle. De plus, tout Juif pieux prie pour le retour sur la terre d’Israël, et c’était donc l’occasion ou jamais, contrairement aux Sudètes et aux Pied-Noirs, qui ne priaient pas pour cela, à ce que j’en sais …

Le départ des Juifs en Palestine, en tout cas, ne s’est pas fait par un viol du Droit international à leur endroit – c’est un autre problème que la résurrection de l’Etat d’Israël pour les Palestiniens. Au contraire, les Sudètes furent officiellement expulsés, avec la validation de l’ONU, de terres qu’ils occupaient depuis en moyenne trois siècles, sans le moindre dédommagement. Quant à l’expulsion des Pieds-Noirs, elle n’y fut même pas évoquée … Dans son assemblée générale, le « Tiers Monde » se préparait plutôt, en ce temps-là, à accueillir triomphalement Boumediene, pour écouter son fameux plan de submersion démographique de l’Europe.

La seule circonstance de ces deux expulsions qui respectait le droit international est que les Sudètes, du fait de l’annexion par Hitler, étaient déjà citoyens allemands, et les Pieds-Noirs eux-mêmes n’avaient jamais cessé d’être citoyens français depuis la conquête de l’alégie, de sorte que les expulser ne faisaient pas d’eux des « stateless » – (mal) traduit en français par apatride, mais c’est ainsi.

Il est bon de rappeler ces éléments de Droit à ceux qui voudraient faire la même chose aux 15 millions d’allogènes qui nous occupent, en invoquant, en plus, qu’ils ne sont là, en moyenne, que  depuis deux générations et non pas quatre ou douze, et qu’ils ne brillent pas dans leurs activités économiques. Or donc, outre que nombre de nos allogènes n’ont même plus la double citoyenneté, de sorte que les priver unilatéralement de la seule citoyenneté française sans leur en assurer une autre ferait bien des « staless », l’énorme différence est bien celle-ci : le monde entier était de tout cœur du coté du gouvernement tchèque pour l’expulsion des Sudètes, quoi qu’il en soit du droit international ! La coalition qui avait vaincu l’Allemagne, l’Italie et le Japon comprenait les plus puissants Etats du monde, et les autres nations ne pleurnichaient pas à l’idée de se venger d’une horde d’hystériques  qui les aurait au mieux réduit en esclavage et au pire en savon si elle avait gagnée cette guerre, dont ont rappelle qu’elle fut mondiale.

Donc, si vous voulez faire aux extra-européens ce qui a été fait aux Sudètes et aux Pied-Noirs en violant le Droit international (au carré, pour vous), rappelez-vous que vous aurez, sur ce coup là, le Monde entier (ou pas loin) contre vous, soit l’inverse du gouvernement thèque en 45 et du FLN en 62 !

Accueil tiède des rapatriés

Les Juifs repartirent vers un Etat inexistant avant 47 et embryonnaire après, pas les Sudètes, ni les Pieds-noirs. Si Israël ressuscité applaudissait naturellement à deux mains le retour du maximum de juifs pour lui prêter main forte, ce n’était pas le cas de l’Allemagne/Autriche ou de la France pour leurs rapatriés.

Avec les Sudètes, les Allemands voyaient revenir le fantôme de la guerre, vu que c’est « à cause » d’eux qu’Hitler avait dépecé la Tchécoslovaquie, et que cet anéantissement d’un Etat sans réaction internationale n’était pas pour rien dans son sentiment personnel d’invincibilité  – pour les Allemands, eux-mêmes, à commencer par leurs généraux, ce fut son Blitzkrieg réussi sur la France, qui leur donna ce sentiment, et pas ce festival européen de lâcheté que fut l’affaire tchécoslovaque.

Quant au Pied-Noirs, ils n’étaient que de « petits fantômes » de cette incompréhensible guerre d’Algérie encombrée de mensonges, d’attentats, de tortures et de mutilations, mais la Méditerranée aidant, il y avait plus de distance culturelle entre les Pied-Noirs et les Français métropolitains qu’entre les Sudètes et les Allemands ou Autrichiens. Le royaume de bohème, vassal du saint-empire depuis le début, était européen et catholique comme toute sa population, et les différents dialectes des Sudètes n’étaient que des extensions de dialectes allemands existant de l’autre coté de la frontière. Ce n’est certes pas la spécification du Maghreb sous domination française : de nombreux migrants européens n’étaient pas d’origine française et la population environnante n’était ni européenne, ni chrétienne.  Les départements français du Maghreb formaient bien une petite Eurafrique, sauf que, contrairement à celle qui nous pend au nez à défaut de rétromigration rapide, la tribu dominante y était européenne et la population africaine maintenue en situation juridique inférieure.

Bref, pour des causes en proportions différentes, mais qui donnèrent ce même résultat immédiat, ces rapatriés ne furent pas accueillis par des cris de joie de la population dans leurs patries originelles.

A tribus nouvelles, lieux nouveaux

Que firent donc leurs gouvernements respectifs pour les accueillir matériellement ? En France, il y eu surtout des aides financières directes, mais quelques villes nouvelles aussi ( telles Carnoux-en-Provence), mais principalement des quartiers dans des villes existantes. En Allemagne, on construisit les villes nouvelles de NeutraublingNeugablonzGeretsriedTraunreut et Waldkraiburg (wiki dixit).

Dès lors que l’on veut « intégrer » des gens, il semble fort bizarre de construire des villes exprès pour eux. Beaucoup, en France en particulier, soutiendront qu’il faut faire exactement l’inverse, à savoir les disperser.

On répondra à cela que :

1°) la distance ethnique étant nulle entre population accueillie et population accueillante, l’intégration finale ne posera aucun problème : ils finiront par se marier, et en deux générations, nul n’y verra que du feu ;

2°) la proximité culturelle étant forte au sein de la population accueillie, l’entraide y est naturelle dans la phase d’acclimatation et elle n’entraîne surtout aucune difficulté psychologique, puisqu’elle est bilatérale, contrairement à l’aide humaine quotidienne que fournirait la population accueillante si la population accueillie était dispersée parmi elle ;

3°) l’intégration advient, de toute façon, si les rapatriés (en âge) travaillent sans délai, et seulement à cette condition : il faut donc créer de toutes pièces le maximum d’activités économiques correspondant – grossièrement – aux compétences de la population accueillie, au sein même de ces villes nouvelles pour les micro-activités artisanales, médicales, tertiaires etc. ou dans la proximité pour les activités plus industrielles ou de plus grande envergure.

Les assimilationistes/intégrationnistes hurleraient contre l’idée de fonder volontairement de telles « enclaves » ! Mais ce n’est pas notre problème ici, et encore moins ailleurs ! Nous pourrions écrire mille articles sur la manière de tracer une ville où riches et pauvres pourraient se rencontrer plutôt que de se fuir, mais nous n’écrirons une seule ligne sur la manière de faire de la vinaigrette avec des peuples – pour reprendre l’image inexacte de De Gaule – des peuples que tout sépare en plus ! Nous ne serons pas les urbanistes de l’Etat métissocialiste : qu’il se débrouille avec son gourbi, jusqu’à ce que toutes ses « cités » lui explosent au visage en même temps !

Du reste, ces villes nouvelles pour rapatriés ne sont justement pas des enclaves : autand elles doivent le plus complètes possibles, – politiquement et, au mieux, économiquement -, autand elles doivent être reliées par tous les moyens de transports aux villes déjà existantes, pour que leurs habitants s’y sentent protégés sur le court terme, mais jamais enfermés, même sur le court terme.

 Sens ethnique et retour

Pas plus que la migration, la retromigration ne peut faire fi de la réalité humaine, mais elle doit respecter, au contraire, l’anthropologie dans toutes ses dimensions.

Dès lors que l’on faisait revenir les Sudètes sur le territoire de l’ex-empire, il fallait bien les reconnaître pour ce qu’ils étaient : une tribu germanique comme les autres, à savoir des gens qui avaient développé leur culture propre dans le lieu où ils étaient. Il fallait donc les laisser se dire Sudètes, continuer à les laisser vivre et afficher leurs traditions, sans y voir une agression contre la culture allemande commune. Ce n’était pas bien difficile : ils l’avaient déjà, cette culture commune, de même, quoique avec une spécificité plus grande, les pied noirs avec la culture française.

Bien mieux : si l’on s’en tient au critère gaulliste « du bon produit », le retour des Sudètes a permis le développement en Allemagne même de l’industrie du fameux cristal de bohème. Les Pieds-Noirs, quant à eux, n’aimaient pas des fainéants. Les agriculteurs reprirent des vignes ici ou là, les commerçants leurs commerces, etc. Et pour ceux qui la connaîtraient pas : la cuisine pied-noir est une cuisine méditerranéenne plutôt raffinée, et pas le festival du couscous  …

Tout cela, un assimilationniste/intégrationniste ne peut pas le comprendre ! Pourquoi ? Parce qu’il refuse de voir qu’il ne s’agit pas, dans son cas, de réintégrer des gens de la même ethnie – une collection de tribus -, mais des gens d’ethnies différentes. Les Sudètes/(Pieds-noirs) étaient une tribu germanique/(française) de plus retournant dans le tout germanique/(français), après que leurs lignées y soient venues il y a au plus trois siècles/(un siècle) sans que les ponts soient jamais coupés. Au contraire, les tribus qui nous arrivent sont des tribus africaines que nos anthropologues fous se proposent de transplanter au sein de populations européennes, alors que 30 000 ans d’évolution humaine séparent les deux !

Fausses difficultés opposables à la rétromigration des allogènes.

Tandis que les Sudètes étaient bien des Allemands de culture allemande en Bohème, et les Pieds-Noirs des Européens de culture française en Algérie, nos allogènes sont plus ou moins acculturés des traditions de leurs ancêtres, sans pour autant avoir acquis le tréfonds de la culture européenne, dont on rappelle qu’elle est toujours avant tout locale. On ne devient pas Européen en chantant l’Ode à la joie, et encore moins Français en chantant la Marseillaise –  Franc-mac, peut-être, mais pas Français …. Or nos allogènes sont, en gros, des musulmans francophones imbibés de sous-culture américaine, et stockés dans des cités qui ne sont pas françaises, et qui ne sont même pas des cités … Ce sont des enclaves, on peut le dire, non pas des enclaves juridiques comme la Cité du Vatican, mais des enclaves ethniques de fait. Aussi bien, quand on me parle de « Saint-Denis en France », j’ai le choix entre pouffer de rire en tant qu’animal raisonnable ou hurler de rage en tant que Français, à la vue de la mutation achevée du pagus francorum en pagus africanorum. Mais passons …

Leur acculturation serait une objection valable au retour de certains, par exemple en Algérie, si les Algériens étaient tout autre chose. Mais les habitants d’Alger, pour les citer, sont eux aussi des musulmans francophones imbibés de sous-culture américaine, avec cette circonstance particulière que quand ils parlent français, ils le parlent mieux que nos « dzjeuns des quartiers ». Trêve de méchanceté : tous les Etats dont nous parlons juxtaposent des villes occidentalisées, à commencer par leurs monstrueuses capitales, et des arrières-pays bien plus traditionnels. Comme de plus, l’idée est bien de construire des villes nouvelles pour les accueillir, qui évolueront à leur rythme dans le tout, l’apprentissage intensif de la langue locale, au cas où elle serait inconnue des rétromigrants, sera nécessaire et mais parfaitement suffisante pour faire le saut, sans que la différence de culture soit opposable. Car, encore une fois, cette différence est plus grande entre un paysan de l’Atlas et un jeune Algérois, qu’entre ce dernier et un de nos « djeuns ».

Financement et réalisation des villes nouvelles

Comme déjà évoqué dans l’avant dernière section de notre « manifeste », le financement de ces villes nouvelles ne serait pas à la charge de l’Etat accueillant, à moins qu’il soit idiot. Ce serait un élément de la négociation de l’Etat organisant une rétromigration avec lui, que de proposer la construction des infrastructures de ces villes et de leur connexion au reste. Mais ce serait cette aide là ou plus aucune aide du tout ! De plus, comme les rétromigrants emporteraient aussi un capital avec eux (le leur propre qu’ils liquideront s’ils en en ont, plus celui qui leur sera alloué à tous ceux qui étaient citoyens), tout ou partie serait consacré à acheter ces logements dans ces villes nouvelles, et qui leurs seraient exclusivement réservés pendant toute la période de rétromigration au moins.

Pour éviter les « villages à la Potemkine », la construction de ces villes devra faire appel aux meilleurs urbanistes, architectes et entrepreneurs publics, à savoir les nôtres, si bien que le recyclage d’une part du capital fourni ne se fera pas en perte sèche pour notre économie européenne. Mais l’on devra réserver une part des effectifs aux locaux dans ces projets, et le gouvernement local devrait y être sensible. Cette considération keynésienne n’est évidemment pas l’argument décisif pour fournir ce capital, – et il n’y a, par ailleurs, aucune raison morale à ce capital, répétons-le pour ceux qui avancent toujours cette objection stupide !  -, mais c’est bien une raison supplémentaire pour regarder positivement la rétromigration.

Bien sur, les Etats accueillants auront leur mot à dire sur le plan et le lieu des villes construites. Mais il nous faudra rester ferme : ces villes ne doivent pas être de simples quartiers ajoutés à leurs capitales déjà monstrueuses, mais construites de A à Z, dans des zones plus éloignées en espace mais pas en transport, politiquement autonomes (des communes, donc), et économiquement viables.

 Concevoir la rétromigration pour la réussir

Ainsi, quand nous disons vouloir « raccompagner chez eux » le maximum de non-européens qui nous ont envahi, ce n’est pas une litote pour « à coup de pied au cul », ni même : « je paye et tu dégages ». Si le « retour au pays » est mal conçu, il ne risque pas de fonctionner et d’attirer les candidats dans ce pays. Or c’est à nous de concevoir cette rétromigration, puisque c’est nous qui la voulons !

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2 commentaires pour Rapatriés de Bohème et d’ailleurs

  1. Claustaire dit :

    « Des tribus africaines… que 30 000 ans d’évolution humaine séparent (de nous, européens) !

    A quelques millénaires près, ce ne seraient même pas des sapiens… :-/
    En tout cas, voici le genre de phrase qui n’encourage pas à vous lire avec le sérieux auquel vous prétendez, et que l’on pourrait par certains de vos § vous accorder de prime abord…

    Ces milliers de compatriotes nés de parents immigrés africains ou maghrébins, qui travaillent dans nos hôpitaux, nos écoles, nos gendarmeries, nos usines, nos ateliers, nos commerces, nos entreprises, pas toujours comme subalternes comme vous pourriez le penser, mais souvent comme cadres auraient dû vous convaincre depuis longtemps que nous appartenons à la même espèce humaine, aux potentialités semblables même si toutes singulières en chacun de nous, etc.

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